dimanche 31 août 2014

Quelques détails de la chambre. Certaines poupées font l'amour, d'autres pensent à l'être aimé, les murs parlent de sexualité, de pensées érotiques. D'autres poupées partagent et soignent leurs blessures.










samedi 30 août 2014

Je ne sais pas qui je suis sans la maison. j'ai parfois la sensation d'être incrustée dans les murs ou que les murs sont incrustés en moi.


vendredi 29 août 2014

Nous devenons parents à notre tour. Certaines choses se ressemblent, se mélangent mais pas tout. Le parc était la promenade quotidienne. Elle courait avec les autres enfants déterminée. Il m'arrive de vouloir retourner dans ce passé, juste pour l'embrasser.

lundi 25 août 2014

j'ai coupé mes cheveux ce matin. Pour la première fois  en 17 ans, je les ai mis à la poubelle avec un pincement au cœur. J'ai été tentée de les récupérer pour les faire vivre dans mes tapisseries et poupées. M'en débarrasser c'est accepter que je peux mourir, que l'amour peut mourir, que tout a une fin.


Les morts partaient subitement en voyage et les cadavres étaient ramenés à la vie par leur mère ou leur père. La seule façon d'appréhender la mort était de la mettre nous même en scène.

samedi 23 août 2014

"Sans toi" (4 mains avec Eric Demelis)
Sans toi, 
Une certaine distance, ce serait notre résilience.
Au début ce fût un nouveau souffle,
Nous étions à bout de souffle.
Mais le souffle se coupe quand on pense l'un à l'autre,
Une réminiscence de nos présences.
Notre absence, nous ramène à l'enfance.
Pourtant nous nous aimons, 
alors nous dessinons, nous écrivons.

La villa verveine est menacée, ainsi que 80 de ses amies. Vous pouvez adhérer pour défendre nos maisons, lutter contre le projet. Vous trouverez tous les renseignements pour adhérer sur le site ainsi que le problème largement expliqué. Le problème des falaises est un prétexte. http://www.ault-environnement.com/



vendredi 22 août 2014

Quand tu arrivais, la nuit était déjà tombée.
Nous l'implorions de couvrir notre nudité.
Des portes jusqu'alors fermées s'ouvraient sur nos mystères.
Parfois nous touchions l'enfer,
mais le plus souvent c'est nous mêmes que nous touchions dans l’extase.

mardi 19 août 2014

Comment tenir sans Magie? Je regarde autour de moi et j'essaie d'y rester sans passer dans cet autre monde. j'essaie d'avoir confiance, de faire attention à ce qui se passe dans mon corps. Je regarde la lumière sans me faire happer par la beauté de ce que je vois car cela aussi me fait partir. (photos Xavier Pique)


dimanche 17 août 2014

"Si tu te regardes trop tu verras le Diable",cette phrase me hanta durant 44 ans. Alors que l'adulte plaisante, l'enfant se propulse immédiatement dans un monde, un conte envoûtant, et se rend responsable de cette malédiction.

samedi 16 août 2014

l'abandon est répété jusqu'au jour où il se résolve. Dès lors l'idée du temps disparaît. Il n'y a plus d'attentes puisqu'il n'y a rien à perdre, rien à posséder, Je me suis rencontrée.

jeudi 14 août 2014

Texte de Laurent Briet sur mon travail


Caroline Dahyot n'est pas une artiste. Elle est l'Art.
Caroline vomit la vie. Elle la sue par les pores, les yeux et les mains. Cristalline, Caroline adoucit et purifie cette énergie primitive ; elle l'enrobe dans un festival de couleurs, de sens et de profondeur.

Dans ses oeuvres, Caroline ne se contente pas d'observer, de dépeindre l'être humain. Elle incarne l'humanité. Il y a dans son travail tant de compassion et de recul que l'intime en devient universel, que le détail presque invisible devient le point central de sa réflexion.

Caroline n'a pas de réponse à ses éternelles questions. Elle nous renvoie sans jugement à nos choix, à nos aspirations. A travers ses interrogations, elle se fait le reflet de nos propres questionnements, de nos schémas mentaux, de nos conditionnements. En soi, ses questions sont déjà une réponse.

Avant tout, Caroline est humaine. Ses failles, ses défauts, ses espoirs jaillissent de ses créations, exorcisent le passé, apprivoisent le futur. Avec bienveillance. Toujours.

Son travail ne fait qu'un. Avec elle, avec l'univers. 
La fragilité, la recherche de vérité,
la Vie livrée tel un fardeau et un cadeau,
les contradictions et les erreurs objectivées et valorisées,
l'Amour offert inconditionnellement...
l'Humanité, dans sa beauté et sa noirceur, prend sens et forme sous ses doigts.

Caroline n'est pas une artiste. Caroline est bien plus que cela.
Caroline EST.

mercredi 13 août 2014

J'ai cru aimer.  J'ai cru faire de la magie blanche. Mais bien au contraire, non seulement ce n'est pas de l'amour mais en plus c'est de la magie noire. Comment appeler autrement l'envie de posséder l'autre. J'ai tissé de nombreux cheveux, manipuler des liquides venant de leur intimité. J'insiste sur le mot"manipuler".  J'ai voulu jouer avec leur propre volonté et la volonté de la vie. Je me sens libérée. Non seulement je n'ai plus envie de posséder mais je n'ai pas envie non plus de me comparer, je ne me sens plus en état de manque.


. Vous ne verrez peut être pas la différence car je vais continuer les poupées et tapisseries mais le sens est différent.

mardi 12 août 2014

Plus les événements de ma vie me mettaient en danger, plus  je travaillais avec frénésie mes actes magiques .Je ne pouvais plus agir à ma guise. Chaque geste, prenait un sens avec l'espoir de retrouver ce que je perdais. Et pourtant plus je me retrouvais démunie.Photos Xavier Pique





jeudi 7 août 2014


J'ai fait mes premières poupées pour imaginer ou plutôt supporter que la mort pouvait me séparer des gens que j'aime. Chaque personne importante pour moi était représentée avec un organe.Cela me soulageait, comme si ma peur partait avec la poupée. Cette personne par la suite rencontrait une mésaventure par rapport à cet organe. Je ne l'explique pas mais cela m'a donné l'idée de mettre dans mes poupées ce que je souhaite.  Ainsi est né un amoureux imaginaire. Un marin allemand. J'ai pu  apprendre quelques petites phrases car c'est aussi par les mots que les choses peuvent naître ou s'apaiser. Puis un jour j'ai fait une poupée avec un nom, une barbe, une guitare. Quelques mois après je le rencontre, en visitant la maison, il se reconnaît. Il fût alors mon amoureux quelques années. Mon travail a pris une autre tournure.De voir que l'imaginaire se mélange au réel a créé une dépendance, il en est devenu vital, primordial. Sans cet acte la peur de l'abandon est si forte que  j'ai le sentiment de tomber. Cet autre monde me sauve me donne de l'espoir  mais je ne peux plus m'en passer.













Ma mamie était très croyante. Elle nous racontait le soir que le petit jésus représenté en sculpture s"était animé dans les bras d'une religieuse. Les vierges lumineuses et les images du petit Jésus emplissaient la chambre de façon inquiétante. Mes cousines et moi appréhendions l'apparition de ce baigneur dans nos bras.

samedi 2 août 2014

Je suis née en 1968. Jusqu’en terminale je reçois une éducation religieuse avec uniforme
dans un univers surprotégé et austère, ce qui accentuera mon refus de l’autorité et donnera
à mon travail un sens mystique. D’avoir été élevée dans la religion m’a donné le
sentiment que les choses se font en dehors de moi. Quelque part c’est le pouvoir que je 
donne à mes poupées, mes tapisseries et la maison, comme si tout cela allait réaliser ce que  je ne peux pas concrétiser : j’inscris dans mon travail ou la maison ce que je désire avant de passer à l’acte. 
De 1987 à 1990, je fais mes études dans une Ecole d’Arts Graphiques, les
directeurs me laissent beaucoup de liberté et je ne réponds jamais aux sujets demandés. 
Je commence à peindre les murs de mon appartement de manière obsessionnelle pour 
créer un univers rassurant et remplacer la tapisserie répétitive de mon enfance qui
m’aidait à m’endormir
Je dessine beaucoup sur le thème de la maternité religieuse, la mère comme image
inaccessible. Plutôt comme une recherche de la maternité qui amène à un état de béatitude
religieuse.
Je ne pratique aujourd'hui aucune religion. Je cherche juste à tenir droit, remercier régulièrement la vie. Je pratique une sorte de magie blanche pour m'aider à continuer mon chemin. Je dessine ce que je vis ou ai vécu.
Dessin de 1990

dessin de 1990

dessin de 1990
dessin de 1990




Villa verveine

villa Verveine

Villa Verveine

Villa verveine


Recherche de la lumière